EP36 – Accueillir la mort de son vivant avec Pier-Luc Fournier

EP36 – Accueillir la mort de son vivant avec Pier-Luc Fournier

EP36 – Accueillir la mort de son vivant avec Pier-Luc Fournier

Accueillir la mort de son vivant, c’est une lecture et un épisode de podcast qui vous feront réfléchir et vous inviteront à créer des moments de rassemblement significatifs pour vos proches et vous.

 

Si vous vous questionnez sur la place des rituels, sur la religion dans le cadre de cette célébration ou si parler de la mort vous fait peur, laissez Pier-Luc Fournier vous partager sa vision qui n’a rien à voir avec celle du croque-mort classique. Laissez-le vous partager l’importance des rituels funéraires afin de créer des moments pertinents pour ceux qui resteront, là, pour vous honorer.

 

La mort fait partie de la vie, et nous sommes nombreux à avoir de la difficulté à l’accueillir. Pier-Luc Fournier vous dira que ce ne sont pas les raisons qui manquent pour la détester : accident de la route, maladie, malchance, détresse psychologique et plus encore. Mystique, la mort est pourtant célébrée depuis des siècles, selon les cultures, les religions, les rites et les traditions des différentes sociétés et communautés. 

 

« Avant la révolution tranquille, c’était simple : quand quelqu’un décédait, les gens allaient voir le curé, et le curé leur expliquait comment ça allait se passer. Ça se passait de cette façon-là parce que tout le monde le faisait de cette façon-là. »

 

« Aujourd’hui, les gens se sont désabonnés de la religion. Les gens ne savent plus sur quoi se fier; ils n’ont plus nécessairement de ligne directrice (comme le proposait l’église). Au fond, c’était rassurant, structuré de suivre la religion et en plus, on avait moins de questions à se poser : le fardeau de prendre des décisions ne reposait pas nécessairement sur eux.»

 

Pier-Luc souligne que c’est ce qui est difficile avec la mort : « en plus de vivre un deuil, on te demande de réfléchir : il y a tellement de choix. Incinération ou enterrement, à l’église, ou pas. C’est difficile de prendre ce genre de décisions, surtout à l’arrachée lorsqu’on parle d’une mort subite. »

 

Mais qu’on soit bien clair avec vous : les rituels funéraires, c’est d’abord et avant tout humain. Et l’humain est un être d’attachement.  « Le premier être humain qui a enterré un autre de ses semblables, il y a des centaines de milliers d’années, il l’a fait par amour (et pas par connotation religieuse), il l’a fait pour que le corps soit protégé par les vautours. »

 

C’est un geste qui est profondément humain, d’échanger de l’amour entre proches et de se réunir… 

 

Pour Pier-Luc Fournier, c’est plus qu’important de se rassembler, de recevoir les condoléances, et de vivre une célébration où c’est possible d’échanger sur la personne décédée, et de marquer ce passage. L’exemple le plus probant, c’est sûrement l’enterrement : « il n’y a pas de plus gros geste de détachement que de mettre quelqu’un qu’on aime 6 pieds sous terre : c’est le geste ultime, mais ça reste de l’amour à l’état pur. »

 

Aujourd’hui, avec ou sans la religion, c’est toujours aussi important de faire des choix pertinents pour la famille. Malheureusement, « il y a beaucoup de gens qui ne veulent rien faire (en parlant d’une célébration), mais ma job c’est de faire comprendre aux familles l’importance du moment qu’ils s’apprêtent à vivre, des choix qu’ils devront faire car il n’y aura pas de retour en arrière possible : on célèbre la personne défunte qu’une seule fois. » 

 

L’aspect spirituel des funérailles demeurent important et le travail de Pier-Luc, c’est d’avoir l’ouverture et la sensibilité de s’adapter aux besoins de leurs clients. Avec son co-associée, David Beaulieu, ils ont d’ailleurs créé un outil unique, une urne connectée, ainsi qu’une application mobile pour aider les gens à traverser les différentes phases et épreuves du deuil à travers un projet d’envergure et extrêmement pertinent de nos jours : Fragment.

Préparer son départ, une bonne ou une mauvaise idée?

Pier-Luc Fournier tient d’abord et avant tout à mentionner que de préparer son départ, voire accueillir la mort de son vivant, ça fait une énorme différence pour ceux qui restent, pour les endeuillés. C’est une façon de faciliter cette dure épreuve que vivra la famille et les proches, et aussi de leur permettre de faire des choix en toute confiance.

 

Pour les gens de la Matanie, il y a d’ailleurs une journée Portes ouvertes prévue le dimanche 25 septembre 2022, où Pier-Luc vous propose de venir visiter les installations, comprendre les grandes étapes du deuil, les différents choix qui s’offrent à votre famille et vous et, surtout, poser vos questions. L’objectif? Vous outiller gratuitement pour vous aider dans un futur proche ou éloigné. Et attention, ce n’est pas que pour les personnes plus âgées, c’est pour tout le monde!

 

Saviez-vous que présentement, au Québec, c’est environ 80 % de crémation au Québec?

Avez-vous une idée des possibilités qui s’offrent à vous pour personnaliser votre célébration ou celle d’un de vos proches?  

Avez-vous des blocages, des choses que vous ne voulez absolument pas vivre ou différents préconçus?

Avez-vous une idée combien ça peut coûter, tout ça?

C’est exactement pour ça que Pier-Luc organise une Portes ouvertes : pour répondre à vos questions!

 

Et si vous n’avez jamais vu ou entendu Pier-Luc, à la radio, sur le Web ou lors d’une entrevue, laissez-moi vous dire qu’il n’a rien du croque-mort traditionnel. D’abord, il a 30 ans (oui, ça peut sembler jeune, mais quand on a grandit dans le funéraire toute sa vie, le savoir-être et le savoir-faire l’emportent assurément sur l’âge), il est empathique (sensible et rassurant : sa job c’est d’accompagner les familles, et il le fait d’une main de maître), il a une bonne tronche (il ajoute en riant que s’il se promenait en Lada et qu’il portait un T-shirt, les gens ne voudraient peut-être pas lui faire confiance pour un moment aussi important!) »

 

Et en plus d’être dédié, connaissant et sensible, il saura faciliter vos choix et vous permettre d’avoir une certaine quiétude face à la préparation de la célébration d’un défunt, que ce soit celle d’un être cher, comme de la vôtre.

 

PIER-LUC FOURNIER MORT

 

De père en fils dans le funéraire

« Mon grand-père a fondé son entreprise en 1944, à Sayabec, et je suis la troisième génération. J’ai tout le temps vu ça comme une fierté de reprendre l’entreprise de mon père, même si notre métier est considéré comme difficile, je voyais ça comme un défi. C’est carrément une vocation, on travaille 120 h par semaine, mais la moitié de la paie, c’est d’avoir la reconnaissance des gens, des familles : de sentir qu’on a fait une grande différence dans cette épreuve pour eux. »

La ligne est mince. On veut pas faire d’erreurs. On veut que ce soit parfait. On a pas de deuxième chance, c’est un one shot deal. Il ajoute que pour lui, c’est : « important de laisser quelque chose derrière moi qui me ressemble, mais vos pré-arrangements ne vous appartiennent pas vraiment, ça appartient aux survivants de votre deuil. »

 

Il ajoute que ce qui est vraiment plate dans son métier, c’est lorsque les gens viennent le rencontrer dans l’urgence… Si les gens sont malades ou âgés, il y a un peu un sentiment d’abandon et même une sorte de frustration parfois, j’entends souvent des phrases comme : « si le monde voulait venir me voir, y’avait juste à venir me voir avant » ou encore « je veux que ça me coûte le moins cher possible, pour qu’il en reste le plus possible à ma famille » ». Malheureusement, il y a beaucoup de gens qui organisent leurs funérailles avec un sentiment de vengeance qui les habite. Ils veulent régler ça vite et c’est difficile de faire des choix éclairés lorsqu’on se met autant de pression.

Un peu d’émotions à travers le segment questions de pulsion

Chaque semaine, nos invités se font bombarder de questions et doivent répondre dans le feu de l’action. Le funéraire, c’est un environnement qui demande beaucoup émotionnellement. Pier-Luc te parle avec sensibilité et franchise du stress qu’il éprouve parfois au travail ainsi que de son quotidien de croque-mort. Voici les questions avec lesquelles il a pris le temps de me répondre en entrevue :

  • Tu ne peux pas vivre sans quoi? 
  • C’est quoi ta dernière sortie de zone de confort! 
  • Quel risque as-tu pris que tu n’aurais pas du prendre? 
  • Quelle est la plus grande épreuve que tu as vécue dans la vie? J’ai eu un épisode à 17 ans, j’ai fait une dépression/phychose, et ça été une grosse épreuve qui m’a fait comprendre que je dois dealer avec une anxiété permanente et que ej dois prendre soin de ma maladie mentale. À tous ceux qui souffrent de ça…. 
  • C’est quoi ta plus grande qualité?

 

En terminant, je vous invite à découvrir un homme pour qui la générosité est à la fois sa plus grande qualité et son plus grand défaut. Lorsque Pier-Luc se voit un deuil confié, rendre honneur à la personne défunte et s’occuper de la famille et des endeuillés est sa priorité #1. Naturellement, ça se traduit dans tout ce qu’il fait, mais laissez-moi vous dire qu’il vous fera un grand bien, par ses paroles, sa vieille âme et sa manière rafraîchissante d’aborder la mort avec ouverture.

Thanatologue de formation, propriétaire de la Maison Funéraire Commémorative Rouleau et associé chez Fragment, Pier-Luc Fournier est littérablement un « People pleaser ». Écoutez bien le message qu’il vous livre aujourd’hui, bonne écoute! 

Des lectures, articles et éléments d’intérêts mentionnés dans l’épisode : 

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