EP35 – Rouler sa bosse au diesel entrepreneurial par Claudette Normand

EP35 – Rouler sa bosse au diesel entrepreneurial par Claudette Normand

EP35 – Rouler sa bosse au diesel entrepreneurial par Claudette Normand

La directrice des Entreprises E. Normand et Transport Ste-Angèle, Claudette Normand, parle de son parcours de femme d’affaire pendant lequel elle a littéralement roulé sa bosse au diesel entrepreneurial pour faire sa place dans un milieu masculin, celui du Transport.

Découvrez une femme vraie, intense et qui a du chien; découvrez la bonne humeur et la grande vision de l’unique Claudette Normand ainsi que quelques uns de ses défis personnels liés à la récente vente de ses entreprises. 

 

Découvrez le parcours entrepreneurial de la directrice des Entreprises E. Normand

Claudette me raconte – le sourire fendu jusqu’aux oreilles – que toute jeune, elle vendait des petites Marigold naines à l’unité comme premier commerce : « Je vendais des fleurs à mes amis et leurs parents à l’école! » À l’adolescence, vers 16-17 ans, elle sent déjà le besoin d’aller en entreprise et commence à suivre les traces de son père, sur le chantier, partout!

« Au Cégep, j’avais déjà ma vision : j’ai fait sciences administratives dans le but de reprendre l’entreprise, mais ca été vraiment long avant que je puisse reprendre le flambeau : mon père ne voulait pas passer la puck! » 

 

entrepreneurial Claudette Normand

 

Les défis derrière la vente des entreprises familiales

Fruit d’un long processus de réflexion, Claudette nous avoue qu’elle a longtemps vu la vente de l’entreprise comme un échec, et que ça lui a pris un bon moment avant d’accepter que la vente de l’entreprise familiale était un succès en soi : « j’ai énormément travaillé sur moi pour me mettre en tête que c’est plutôt une FIERTÉ! » Pour les détails plus croquants, il vous faut écouter l’épisode! 😉

Dans l’entrevue, Claudette partage un moment où elle se souvient d’avoir reçu l’appel de l’acheteur : « quand un acheteur potentiel arrive et qu’il vous dit que votre entreprise est intéressante, c’est flatteur! C’est quand même 29 familles qu’on a la fierté de faire vivre. » Pour elle et son frère, également associé dans l’aventure familiale, c’était d’ailleurs très important que tous les emplois soient conservés lors de la transaction. Claudette se dit chanceuse d’avoir eu un acheteur qui a compris la qualité de l’entreprise qu’ils ont montée avec les années! 

Au-delà de la vente, comme propriétaire, ça donne un bon coup, avoue-t-elle : « Je me sens un peu fatiguée, mais je vois qu’il y a beaucoup de légèreté qui s’en vient; moins de charge sur mes épaules. » Claudette renchérit d’ailleurs en soulignant qu’elle va pouvoir apprécier ce moment plus calme dans sa vie et prendre du temps pour elle, pour ses enfants ainsi que ses petits-enfants.

« C’est la première fois que je me lançais dans le vide et que je prenais une vraie décision pour moi, à 54 ans. C’est la fin d’une époque, mais c’est un deuil en même temps que j’accepte désormais.» Soulignons qu’afin d’assurer la transition en bonne et due forme, elle occupera les fonctions de directrice générale pour quelques années encore.

Les camionneurs, ces « super-héros »! 

Avec la pandémie, Claudette nous faire remarquer que ça a permis de redonner les lettres de noblesse aux camionneurs. « Tout le monde veut sa marchandise! Dans le transport, on est une industrie « just in time », on fait du sur-mesure et on s’adapte à la demande. C’est un travail qui est dur avec beaucoup d’éloignement et de longues journées à rouler, charger et décharger. » Assurément, avec notre situation géographique et l’immensité du territoire, le Québec demeure très dépendant des camionneurs pour assurer le transport de denrées essentielles au niveau de nos besoins primaires. 

Les camionneurs ont eu la vie rough pendant la pandémie. Avec la fermeture et les heures restreintes des épiceries et restaurants dans les régions, peu de main d’oeuvre, les cammionneurs n’avaient pas de services ou très peu pour assurer un minimum de confort lors de leurs transports. Ça été une toute autre réalité, et j’espère que la population en a pris conscience comme l’industrie! 

Avoir du chien et faire sa place dans un monde d’hommes

Selon Claudette, son père, Ernest, était plutôt bonasse avec ses clients. Lorsqu’elle a repris la barre de l’entreprise, elle a dû défendre leurs intérêts : « j’étais plus guerrière dans les années 80. Je ne voulais pas être mollasse dans mon milieu, car il fallait que je fasse mes preuves! »

« Faut que tu aies du chien dans le corps, et que tu fasses tes preuves en tant que femme! J’en ai livré des poches de ciment, autant pour prouver que j’étais capable à mes parents, mais aussi pour mes clients : je voulais qu’ils sachent que la job serait bien faite. Faut toujours prouver qu’on est bonne dans le domaine du Tranport, on se fait tester beaucoup! »

Gagner la confiance des clients

« Ce qui me mettait hors de moi… C’est que parfois, je donnais des conseils à des clients. Je calculais, leur donnais un prix, mais ils ne me croyaient pas toujours. Ils remettaient en question mes compétences parce que j’étais une femme… ils prenaient souvent mon compétiteur masculin pour faire faire la même job. Ça me désolait vraiment, comme lorsque j’étais sur le chantier, et que je me faisais dire : « tu m’enverras un homme pour faire la job, là! » »

Dans la livraison de service, c’est souvent difficile d’avoir toujours exactement ce que le client veut. Avec le volet excavation de notre entreprise, on avait beaucoup de sur-mesure. Avec les années, naturellement, on a décidé de pousser encore plus notre expertise avec Transport Ste-Angèle : on a fait ce choix-là pour croître davantage.

Les employés d’aujourd’hui ont changé, et pour le mieux! 

Selon madame Normand, aujourd’hui les jeunes sont capables de dire NON. Elle admet qu’elle a longtemps eu cette difficulté elle-même et que ça ne fait pas longtemps qu’elle est capable d’en faire autant!

« Être capable de dire non, c’est déjà beaucoup! »

Dans le temps de la vieille garde, ça se racontait des jokes sur les temps de break. Aujourd’hui, à la pause, les employés sont plus sur leur téléphone et ça se parle moins. C’est pas juste la pandémie qui a créé ça, les temps ont aussi changés et maintenant, les employés ne font pas que travailler : « l’entreprise n’est plus le seul point d’ancrage comme dans le temps. Les gens viennent travailler, mais ensuite ils repartent et font leurs affaires. Ils ont des passions en à-côté! »

Selon elle, il n’y a pas que les employés qui ont changé : les employeurs aussi : « Dans notre entreprise, pour moi, la clé ce va toujours rester les comités de gestion. On rassemble régulièrement les gens du bureau, comptables, répartiteurs, le contre-maître du garage, etc : les piliers de l’entreprise. Comme ça, on implique nos employés encore plus, et ça nous permet de tirer la corde dans le même sens et que chacun reparte avec ses objectifs personnels à atteindre. »

Le développement personnel aussi est plus présent. « Des fois y’a des conférences ou des formations qui t’apportent tellement : c’est tellement enrichissant. Ça m’a souvent permis de voir les choses autrement. »

Prête-toi au jeu de nos questions de pulsion!

Chaque semaine, nos invités répondent à nos questions de pulsion. Claudette Normand s’est fait bombarder par ces 5 questions, mais il faut naturellement écouter l’épisode pour découvrir le détails des ses (délicieuses) réponses!

  • Si je te donne une semaine de congé demain, que fais-tu? Je me repose et je fais de la moto!
  • Qu’est-ce qui va à l’encontre de ta nature? Le manque de respect et d’équité.
  • As-tu une grande peur? Indice : c’est une grande peur commune…
  • As-tu un échec qui t’a plus marqué? Indice : n’avoir pas osé…. 
  • Que fais-tu compulsivement qui ne te rend pas fière? Indice : ses préférées sont les Miss Vicky Barbecue fumé au bois de pommier! 😅

Femme d’expérience, Claudette vous emmène sur le terrain aujourd’hui! Alors, prêt.e à l’écouter et te laisser expliquer comment elle a roulé sa bosse pendant toutes ses années?

Des lectures, articles et éléments d’intérêts mentionnés dans l’épisode  

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P.S. Et pour les curieux qui aimeraient connaître l’entreprise qui a racheté les Entreprises E. Normand, c’est nul autre que celle de Gino Bois! Voici un court article du Journal Le soir à ce sujet.

 

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